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Antiquités d'Herculanum, Tome VI. Lampes et candélabres

PLANCHE XLVI.—XLIX.

Reading edition

(Préf. de l'Edition royale.)

Nous donnons, dans ces quatre planches, le plan et les détails d'un moulin ou pressoir à huile, découvert en 1779 à Gragnano, l'ancienne Stabie. Nous suivrons le plus succinctement qu'il nous sera possible, les Académiciens d'Herculanum, dans l'explication qu'ils en ont donnée, et dans l'heureuse application qu'ils ont faite, de la description du pressoir de Caton, aux vestiges du pressoir de Stabie.

La machine à presser les olives, indiquée dans le plan par la lettre G, est exposée en détail dans la planche XLVII:

Les fig. 6 et 7 font voir de face et de côté, une portion d'un tube formé de deux plaques de fer appliquées l'une sur l'autre, lesquelles ont dû, sans doute, revêtir un morceau de bois que le temps avait tout consumé. On remarque, dans le tube, les pointes d'un grand nombre de clous qui y fixaient le morceau de bois. Ce tube, trouvé dans le trou de l'une des meules, servait probablement de caisse au moyeu. Le fragment, fig. 8, est un anneau qui entourait l'extrémité du moyeu. Les fig. 9 et 10 représentent le pivot enchâssé dans un tube et une plaque de fer: on a vu la situation de ces deux objets dans les fig. 1 et 2.

Caton-le-Censeur, dans son livre de Re rusticâ, donne la description d'un moulin ou pressoir olives, qu'on retrouve très-exactement dans la machine de Stabie. Pour rendre plus sensible ce rapprochement curieux, on reproduit dans la planche XLVIII, la machine de Caton; on a suivi la construction qu'il en prescrit dans les chapitres 20, 21 et 22, et d'après les dimensions du plus petit pressoir, prises dans le chapitre 135 (Édit. de Math. Gesner).

La fig. 1 fait voir la machine entière, prise extérieurement, c'est-à-dire la cuve, dite par Caton trapetum, et plus particulièrement mortarium. Au milieu on voit le cylindre (miliarium), lequel s'élève au-dessus des bords de la cuve. Sur le cylindre, est la barre (cupa) percée au milieu d'un trou où se trouve un tube de fer (fistula ferrea), par lequel passe le pivot (columella ferrea). Aux deux côtés opposés du noyau, sont les deux meules (orbes) qui sont fixées dans leur place par des chevilles de fer (clavi)> enfin, dans le noyau qui se trouve entre les roues, sont deux trous (foramina dextera sinistraque). En dehors de ces trous, sont clouées ces petites plaques que Caton nomme sublaminas pollulas et minutas, et qui ont pour but d'empêcher que les trous ne s'agrandissent, lorsqu'on y fiche les petites barres (cupæ minusculæ), représentées dans la fig. 2, où la machine est dessinée en dessus. Dans les fig. 3 et 4, on a l'une des roues de face et de profil: on y remarque le trou pour le passage de l'axe (foramen orbis), qui va en se rétrécissant vers le côté plat. Caton ne parle point de cette particularité que nous restituons d'après la machine de Stabie, et qui devait exister, afin que le moyeu (modiolus), restât bien ferme dans sa boîte. Cette différence est rendue sensible dans la fig. 5, qui montre la coupe de toute la machine: on voit au milieu le cylindre, ayant au centre le pivot de fer, et le moyeu pris en long et dessiné sous différens aspects, fig. 7, 8 et 9. Enfin, la fig. 6 représente la barre qu'on voit en place dans les fig. 1 et 2; on a fait le noyau quarré, parce qu'il est tel dans la machine de Stabie, et qu'il semble aussi ne devoir pas être autrement. Le dessous est garni d'une plaque de fer (tabula ferrea). La partie de la barre qui entre dans les moyeux, est revêtue de quatre plaques recourbées (imbrices ferrei), clouées avec de petits clous (clavuli); au bout de ces plaques, est un fer (ferrum librarium), qui embrasse la barre, et dans lequel est un trou pour y ficher la cheville qui retient les roues, comme on le voit dans la fig. 1. Entre le clou et la roue, entre celle-ci et la partie quarrée de la barre, sont des rondelles de fer (armillæ ferreæ), qu'on a tâché d'indiquer dans les fig. 1 et 2.

D'après toutes ces descriptions, on conçoit facilement comment le pressoir de Caton était mis en mouvement. Deux hommes placés à chaque extrémité de la barre, la faisaient tourner sur le pivot du cylindre, et les deux meules qui se suivaient, écrasaient les olives contre les parois de la cuve et du cylindre, sans briser le noyau qui étant très-dur, n'éprouvait pas pour cela assez de pression, quand on observait dans la situation des roues la distance prescrite par Caton. Il paraît que les anciens écrivains de l'économie rustique, ont tous eu l'opinion que la trituration du noyau donnait à l'huile un mauvais goût (Voyez Caton, cap. 66—Colum. lib. 12, cap. 50, et autres). On ne doit point en conclure qu'on prenait toujours la précaution indiquée; l'huile plus commune pouvait trouver son usage, sur-tout pour les lampes, Caton parle lui-même de meules de rechange pour remplacer celles qui s'égrenaient: ce qui ne pouvait guère avoir lieu que quand on écrasait les noyaux. Caton, après avoir donné les préceptes sur la manière de construire un pressoir à olives, donne le détail de la dépense qu'il occasionnait; l'incertitude des érudits sur la valeur des signes employés dans ce passage, ne permet pas de le connaître à fond. Le même auteur nous apprend qu'on tirait des meules des carrières situées aux environs de Sessa, qui en fournissent encore aujourd'hui, et de celles de Nola et de Pompéia. On a reconnu, en effet, que notre pressoir était d'une lave très-antique qui se trouve dans la situation de cette ville, très-au-dessus des terrains de Civita et de Rapillo, jusqu'au fleuve Sarno. Indépendamment de la machine que nous avons essayé de décrire avec la plus grande exactitude, on remarquera dans le plan et les coupes (pl. XLVI) les vestiges de deux autres machines ou pressoirs proprement dits, servant à exprimer l'huile des olives déjà triturées. Les deux vasques marquées HI sur le plan, ont dû faire partie de ces pressoirs. Chacune des deux vasques, a, sur le côté opposé au mur, un bord ou marge marquée a, où il restait un conduit de plomb qui aboutissait à un grand vase de terre cuite C. Le plan montre l'orifice du vase; la coupe en montre la forme inférieure sur la ligne AB, et la hauteur au-dessus du pavé sur la ligne CD. Près de la bouche de chaque vase, s'élève un petit massif de maçonnerie dont la surface est un plan incliné; celui de droite est recouvert d'une tuile: ces massifs faisaient probablement l'office d'égoûtoirs. Bans les vasques, sont trois trous d, e, f, tous ayant un bord et une certaine profondeur (comme on le voit dans les deux sections CD, EF) qui arrive à un petit souterrain g, indiqué dans le plan et dans la coupe. On descendait dans ce souterrain par le petit puits h. Chaque puits a un bord qui s'élève un peu au-dessus du plan de la vasque: on voit un bord semblable autour du trou f. À l'un des trous d, on voit un creux en forme de niche, et enfin sur le pavé de la vasque I, s'élèvent quatre cercles de fer, liés deux à deux, i, i. En combinant les traces du pressoir sur le plan, c'est-à-dire les vasques, les vases de terre cuite, les conduits en plomb, les trous, leur communication avec un souterrain, on peut à l'aide de la description donnée par Caton (cap.)

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Illustration from Antiquités d'Herculanum, Tome VI. Lampes et candélabres

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