Note 25 — D.A.F. DE SADE (continued 2)
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On demandait à M. Bertin pourquoi tant de mauvais sujets lui étaient nécessaires à la police de Paris. Trouvez-moi, répondit-il, un honnête-homme qui veuille faire ce métier-là.—Soit, mais un honnête homme prend la liberté de répliquer à cela: 1°. S'il est bien nécessaire de corrompre une moitié des citoyens pour policer l'autre? 2°. S'il est bien démontré que ce ne soit qu'en faisant le mal qu'on puisse réussir au bien? 3°. Ce que gagne l'État et la vertu, à multiplier le nombre des coquins, pour un total très-inférieur de conversions? 4°. S'il n'y a pas à craindre que cette partie gangrenée ne corrompe l'autre, au lieu de la redresser? 5°. Si les moyens que prennent ces gens infâmes en tendant des embûches à l'innocence, la confondant avec le crime pour la démêler; si ces moyens, dis-je, ne sont pas d'autant plus dangereux, que cette innocence alors ne se trouve plus corrompue que par ces gens-là, et que tous les crimes où elle peut tomber après, instruite à cette école, ne sont plus l'ouvrage que de ces suborneurs: est-il donc permis de corrompre, de suborner pour corriger et pour punir? 6°. Enfin, s'il n'y a pas, de la part de ceux qui régissent cette partie, un intérêt puissant à vouloir persuader au roi et à la nation, qu'il est essentiel qu'un million se dépense à soudoyer cent mille fripons qui ne méritent que la corde et les galères. Jusqu'à ce que ces questions soient résolues, il sera permis de former des doutes sur l'excellence de l'ancienne police française.