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Aline et Valcour, ou Le Roman Philosophique. Tome 2

Note 24 — D.A.F. DE SADE (continued 2)

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Une raison purement physique devint sans doute la cause de cette loi singulière. On croyait les célibataires impuissans, et l'on lâchait de leur faire retrouver, par cette cérémonie, les forces dont ils paraissaient manquer; mais la chose était mal vue: l'impuissance, qui souvent même ne se restaure point par ce moyen violent, n'est pas toujours la raison majeure du célibat. Si des goûts ou des habitudes différentes éloignent invinciblement un individu quelconque des chaînes du mariage, les moyens de restauration agiront au profit des caprices irréguliers de cet individu, sans le rapprocher davantage de ce qui lui répugne; donc le remède était mal trouve. Mais cette citation, tirée de l'histoire des moeurs antiques, qu'on pourrait étayer de beaucoup d'autres, s'il s'agissait d'une dissertation, sert à nous prouver que de tous temps l'homme eut recours à ces véhicules puissans pour rétablir sa vigueur endormie, et que ce que beaucoup de sots blâment ou persiflent, était article de religion chez des peuples qui valaient bien autant que ces sots. On n'ignore plus aujourd'hui que l'âme tirée de la langueur, agitée, dit Saint-Lambert, mise en mouvement par des douleurs factices ou réelles, est plus sensibles de toutes les manières de l'être, et jouit mieux du plaisir des sensations agréables.—Le célèbre Cardan nous dit, dans l'histoire de sa vie, que si la nature ne lui faisait pas sentir quelques douleurs, il s'en procurerait à lui-même, en se mordant les lèvres, en se tiraillant les doigts jusqu'à ce qu'il en pleurât.

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