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Abrégé de l'Histoire Générale des Voyages (Tome 5)

Note 2 — CHAPITRE XI. (continued 2)

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Ils étaient à Quansy depuis plus de huit mois, lorsqu'un mercredi, troisième jour de juillet 1544, un peu après minuit, il se répandit dans la ville un bruit et des mouvemens si terribles, qu'on aurait cru le monde au dernier moment de sa ruine. On était informé par des voies certaines que le khan de Tartarie venait fondre sur Pékin avec la plus nombreuse armée qu'on eût jamais vue depuis que les hommes s'entre-déchirent par des guerres[2]; et qu'un détachement de soixante-dix mille chevaux était déjà venu se poster dans la forêt de Malicataran, éloignée de Quansy d'environ deux lieues, sous la conduite d'un général tartare, ou nauticor, dont le dessein était apparemment d'attaquer la ville, où l'on pouvait arriver dans l'espace de deux ou trois heures. Le tumulte ne fit qu'augmenter le reste de la nuit. Au lever du soleil, les ennemis se firent voir avec une contenance effroyable. Ils étaient divisés en seize escadrons; leurs drapeaux écartelés de vert et de blanc, qui sont les couleurs du khan de Tartarie. Dans cet ordre, ils s'approchèrent des murailles en poussant des cris affreux; ils dressèrent plus de deux mille échelles qu'ils avaient apportées; et montant de toutes parts avec autant de légèreté que de courage, ils commencèrent un assaut si terrible, que toute la résistance des assiégés ne put les arrêter long-temps. Les portes furent enfoncées, et toute la ville fut bientôt remplie de ces barbares, qui firent main basse sur les habitans, sans distinction d'âge ni de sexe. Le massacre dura sept jours, après lesquels, s'étant contentés jusque-là d'enlever l'or et l'argent des maisons et des temples; ils achevèrent de les détruire par le feu.

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