Note (retour) — DE LORD BYRON. (continued 3)
Paulin Paris translation
«Je doute quelquefois, dit-il dans ses Pensées détachées, si, après tout, un genre de vie tranquille et sans agitation eût pu me convenir, et pourtant je regrette quelquefois de n'en avoir pas un tel. Mes premiers rêves, comme presque tous ceux des enfans, furent des rêves guerriers; peu après ils furent tous d'amour et de solitude, jusqu'à ce que mon malheureux attachement pour Maria Chaworth commença lorsque j'avais à peine quinze ans, et continua long-tems quoique soigneusement caché. Ce fut ce qui me rejeta de nouveau seul sur une vaste... vaste mer. Je me rappelle qu'en 1804, je rencontrai ma sœur chez le général Harcourt dans Portland-Place. J'étais moi-même alors, tel qu'elle m'avait toujours vu jusque-là. Quand nous nous rencontrâmes ensuite en 1805 (elle me l'a dit depuis), mon caractère et mes manières étaient tellement changés que l'on me reconnaissait à peine. Je ne m'apercevais pas alors de cette altération; mais j'y crois, et je pourrais en rendre raison.» J'ai déjà raconté la manière dont il prit congé de miss Chaworth avant son mariage. Une fois après cet événement, il la revit, et ce fut pour la dernière, lorsqu'il fut invité par M. Chaworth à dîner à Annesley, peu de tems avant son départ d'Angleterre. Le peu d'années qui s'étaient écoulées depuis leur dernière entrevue avaient apporté un changement considérable dans les manières et l'extérieur du jeune poète. L'informe et gros écolier était devenu un jeune homme gracieux et bien pris dans sa taille. Ces émotions et ces passions qui rehaussent d'abord et détruisent ensuite la beauté, n'avaient encore produit sur ses traits que leur effet favorable; et quoiqu'il eût eu peu d'occasions de fréquenter la bonne société, ses manières avaient acquis cette douceur et cet aplomb qui caractérisent l'homme bien élevé. Son empire sur lui-même fut bientôt mis à l'épreuve quand on apporta dans l'appartement la petite fille de sa belle hôtesse. La vue de cet enfant lui fit éprouver un saisissement dont il ne fut pas maître, ce ne fut qu'avec effort qu'il parvint à dissimuler sa profonde émotion, et c'est à ce qu'il éprouva dans ce moment que nous devons ces stances touchantes: «Eh bien! tu es heureuse, etc. 111,» qui ont paru dans un recueil de Mélanges, publié par l'un de ses amis, et que l'on retrouve maintenant dans la collection générale de ses œuvres. Sous l'influence du même sentiment il composa deux autres pièces à cette même époque; mais comme elles ne se trouvent que dans les Mélanges que je viens de citer, et que ce recueil n'est plus dans le commerce, je crois qu'on ne me saura pas mauvais gré d'en citer ici quelques stances: