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Œuvres complètes de lord Byron, Tome 05

Note NOTE 9 — NOTES

Paulin Paris translation

Là on remarquait un vieillard;--ses cheveux étaient blancs, mais son vieux bras était encore plein de force et de courage. Il soutenait si vaillamment le choc de l'ennemi que les morts formaient un demi-cercle autour de lui. Il n'avait pas encore été blessé ni enveloppé, quoique battant en retraite. Un grand nombre de cicatrices de ses premiers combats se faisaient remarquer sous son corselet de fer; mais toutes ces blessures qui couvrent son corps avaient été reçues dans d'autres combats. Quoique âgé, il était si robuste des membres que peu de nos jeunes hommes auraient pu se mesurer avantageusement avec lui; et les ennemis qu'il tenait séparément à distance dépassaient le nombre de ses cheveux blancs. Il brandissait son sabre de droite à gauche, et plus d'une mère ottomane pleura ses fils qui n'étaient pas encore nés quand il trempa pour la première fois son sabre dans le sang musulman, avant d'avoir atteint sa vingtième année. Et il aurait pu être le père de tous ceux qui tombèrent sous ses coups dans ce jour fatal; car, privé de son fils, depuis longues années, sa douleur vengeresse priva plus d'un père de ses enfans. Depuis le jour où son seul fils avait rencontré la mort dans le détroit s9, le fer du père lui sacrifia plus d'une humaine hécatombe. Si les ombres peuvent être apaisées par le carnage, celle de Patrocle fut moins satisfaite que celle du fils de Minotti, qui mourut dans ces lieux qui nous séparent de l'Asie. Il est enseveli sur le même rivage où des milliers de guerriers furent ensevelis avant quatre mille ans. Que reste-t-il d'eux pour nous dire où ils reposent, et comment ils succombèrent? Aucune pierre funéraire ne les couvre, aucun ossement n'indique leurs tombes; mais ils vivent dans la poésie qui leur assure l'immortalité.

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