Note NOTE 8 — NOTES
Paulin Paris translation
Éperdus et fuyant çà et là, les esclaves dispersés ne voient qu'un rivage sanglant et des vagues enflammées. Ils ne tiennent aucun compte du cri menaçant du pacha: «Qu'ils saisissent le derviche! Saisissez le Zatanaï c8!» Conrad a vu leur terreur,--et a réprimé le premier mouvement de désespoir qui ne lui offrait que de résister et périr dans ce palais, puisqu'il avait été si prématurément et si bien obéi. L'incendie avait été allumé avant qu'il en eût donné le signal. Il a vu leur terreur;--il détache son cor de son baudrier,--en tire un son,--mais un son perçant. On lui répond.--«Bien, courage! ma valeureuse troupe! Comment ai-je pu douter de leur promptitude à me secourir? et comment ai-je pu penser qu'ils m'avaient ici abandonné?» Son bras puissant a décrit un cercle autour de lui;--ce mouvement rapide de rotation qu'il a imprimé à son sabre répand une terreur qui répare son fatal délai. Sa fureur achève ce que la frayeur avait commencé; il abat, comme un troupeau ses lâches assaillans. Les turbans mis en pièces jonchent les appartemens, et à peine un bras ose encore se lever pour se défendre. Seyd lui-même, troublé par la rage et l'étonnement, recule devant lui, en continuant de le menacer. Il ne demande pas quartier, Seyd;--mais il redoute cependant les coups de l'étranger, tant le désordre a rendu cet étranger redoutable! Les galères enflammées de Seyd frappent toujours ses regards. Il s'arrache la barbe, et se retire du combat en écumant de rage c9: car les pirates ont déjà dépassé la porte du harem, et se précipitent dans l'intérieur;--s'arrêter un instant de plus, c'était attendre la mort. Là les cris d'épouvante,--les supplications des hommes qui jettent leurs armes en demandant quartier--sont poussés en vain;--le sang coule par torrens! Les corsaires qui affluent se précipitent où le cor de Conrad a sonné, et où les gémissemens des victimes expirantes et les supplications les avertissent de la manière courageuse avec laquelle il soutient la terrible lutte. Ils le comblent de leurs acclamations en le voyant seul, terrible et farouche comme un tigre qui se rassasie dans le sang qui inonde son repaire! Mais courtes sont leurs félicitations,--plus courte la réponse:--«C'est bien;--mais Seyd est échappé,--et il doit mourir. Beaucoup a été fait,--mais il reste encore plus à faire.--Leurs galères brûlent;--pourquoi leur ville n'est-elle pas encore en flammes?»