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Œuvres complètes de lord Byron, Tome 02

Note (retour) — POÈTES ANGLAIS

Paulin Paris translation

Oh! toi, le plus noble don de la nature, plume de mon oie grise! esclave de mes pensées, servante obéissante de ma volonté, arrachée à l'aile maternelle pour devenir un puissant instrument entre les mains de bien petits hommes! plume, prédestinée à aider l'enfantement laborieux du cerveau, quand il travaille péniblement plein de prose et de vers; quoique les nymphes te négligent, que les critiques puissent se moquer de ce qui fait la consolation des amans et l'orgueil des auteurs, combien de beaux-esprits, combien de poètes n'élèves-tu pas tous les jours! Condamnée à être à la fin complètement oubliée avec les pages que tu as tracées, que ton usage est fréquent! que tes honneurs sont petits! Mais toi, du moins, toi ma propre plume, que je quittai naguère, que je reprends aujourd'hui, comme la plume d'Hamet 422, quand notre tâche sera accomplie, tu jouiras d'un honorable repos; et quand bien même d'autres pourraient te mépriser, tu me seras toujours chère! Prenons donc aujourd'hui notre essor; notre sujet n'est point banal, ce ne sont point des visions orientales, des rêves fantastiques qui m'inspirent. Quoique hérissée d'épines, la route que nous devons suivre est belle et large; que nos vers soient faciles, qu'ils coulent et s'enchaînent doucement!

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