Note (retour) — POÈTES ANGLAIS
Paulin Paris translation
Il fut un tems où la muse était encore jeune, alors qu'Homère tenait la lyre et que Virgile chantait. A peine un siècle sur dix voyait-il naître un poème épique, et ce nom frappait comme un mot magique les oreilles des nations étonnées. Chacun de ces hommes immortels n'a laissé qu'un de ces ouvrages qui ne paraissaient que tous les mille ans 435. Des empires ont disparu de dessus la face de la terre, des langues sont mortes avec ceux qui leur avaient donné naissance, sans la gloire d'avoir produit une de ces compositions immortelles, qui font qu'un idiome survit à la ruine des états où il était parlé. Il n'en est pas ainsi chez nous; quoique des poètes d'un rang inférieur consacrent leur vie tout entière à la composition d'un seul ouvrage important. Voyez le marchand de ballades, Southey, s'élever dans les airs avec le vol audacieux de l'aigle. Le Camoëns, Milton, le Tasse, ne sont rien en comparaison de ce génie, dont les vers nombreux comme des armées s'arrangent chaque année sous forme d'un nouveau poème épique! La première s'avance, Jeanne d'Arc, le fléau de l'Angleterre, et l'orgueil de la France! Bien qu'elle ait été brûlée, comme sorcière, par ce méchant Bedford, voyez sa statue placée dans une niche glorieuse; ses fers se rompent, et délivrée à l'instant de la prison, vierge phénix, elle renaît de ses cendres.