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Œuvres de Voltaire Tome XX, Tome II

Note 408 — SIÈCLE DE LOUIS XIV. (continued 8)

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Cartouche était un malheureux voleur très ordinaire, associé avec quelques scélérats comme lui. Le hasard fit qu’on donna son nom à la bande de brigands dont il était. Il fut le ridicule objet de l’attention de Paris, parcequ’on fut quelque temps sans pouvoir le prendre. Il avait été ramoneur de cheminée, et fesait servir souvent son ancien métier à se sauver quand on le guettait. Un soldat aux gardes avertit enfin qu’il était couché dans un cabaret à la Courtille: on le trouva sur une paillasse avec un méchant habit, sans chemise, sans argent, et couvert de vermine. Son nom était Bourguignon: Il avait pris celui de Cartouche, comme les voleurs et les écrivains de livres scandaleux changent de nom. Il plut au comédien Legrand de faire une comédie sur ce malheureux; elle fut jouée le jour qu’il fut roué. Un autre homme s’avisa ensuite de faire un poème épique de Cartouche, et de parodier la Henriade sur un si vil sujet; tant il est vrai qu’il n’y a point d’extravagance qui ne passe par la tête des hommes! Toutes ces circonstances rassemblées ont perpétué le nom de ce gueux: et c’est lui que La Beaumelle préfère à Solon, et égale au grand Condé.—Voltaire a rapporté, page 500, la passage où La Beaumelle parle de Cartouche et de Condé. Quant au poëme sur Cartouche, que Voltaire dit être une parodie de la Henriade, il s’agit de l’ouvrage de Grandval père, intitulé: Le vice puni, ou Cartouche, 1725, in-8º. L’auteur dit qu’il a «affecté de prendre quantité de vers des meilleures pièces de théâtre et autres ouvrages,» et il imprime ces vers en italique. B.

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