Note 306 — SIÈCLE DE LOUIS XIV. (continued 6)
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Il est dit dans la Vie du duc d’Orléans, imprimée en 1737, que le cardinal de Noailles accusa le P. Le Tellier de vendre les bénéfices, et que le jésuite dit au roi: «Je consens à être brûlé vif, si l’on prouve cette accusation, pourvu que le cardinal soit brûlé vif aussi, en cas qu’il ne la prouve pas.»
Ce conte est tiré des pièces qui coururent sur l’affaire de la constitution, et ces pièces sont remplies d’autant d’absurdités que la Vie du duc d’Orléans. La plupart de ces écrits sont composés par des malheureux qui ne cherchent qu’à gagner de l’argent: ces gens-là ne savent pas qu’un homme qui doit ménager sa considération auprès d’un roi qu’il confesse, ne lui propose pas, pour se disculper, de faire brûler vif son archevêque.
Tous les petits contes de cette espèce se retrouvent dans les Mémoires de Maintenon. Il faut soigneusement distinguer entre les faits et les ouï-dire.—On proposa pour confesseur à Louis XIV Le Tellier et Tournemine. Tournemine, littérateur assez savant, pensait avec autant de liberté, et avait aussi peu de fanatisme qu’il était possible à un jésuite. Mais il était d’une naissance illustre, et Louis XIV ne voulut pas d’un confesseur fait pour aspirer aux premières places de l’Église et de l’état; il craignait d’ailleurs l’ambition de sa famille. K.