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Œuvres de Voltaire Tome XX, Tome II

Note 194 — SIÈCLE DE LOUIS XIV. (continued 4)

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Ces milices étaient tirées au sort; ainsi on forçait des hommes à s’exposer malgré eux aux dangers de la guerre, sans leur permettre de racheter leur service personnel par de l’argent; sans que les motifs de devoir qui pouvaient les attacher à leur pays fussent écoutés, sans qu’aucune paie les dédommageât de la perte réelle à laquelle on les condamnait; car un homme qui peut d’un moment à l’autre être enlevé à ses travaux par un ordre, trouve plus difficilement de l’emploi qu’un homme libre.

Les tirages forcés jetaient la désolation dans les villages, fesaient abandonner tous les travaux, excitaient entre ceux qui cherchaient à se dérober au sort, et ceux qui voulaient les contraindre à le subir, des haines durables, et souvent des querelles sanglantes. Ce fardeau tombait principalement sur les habitants des campagnes, qui les quittaient pour aller chercher dans les villes des emplois qui les missent à l’abri de ce fléau. M. de Voltaire n’avait jamais été le témoin d’un tirage de milice. Si ce spectacle, également horrible et déchirant, eût une fois frappé ses regards, il n’eût pu se résoudre à citer avec éloge cet établissement de Louis XIV. K.

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