Note (retour) — C.L.F. PANCKOUCKE, Éditeur (continued 5)
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26 L'Angleterre connaît l'étroite union qui existe entre la France et la Russie; elle sait que ces deux grandes puissances sont résolues à réunir leurs forces, et à reconnaître pour ennemi tout ami de l'Angleterre; elle sait que la paix ne sera pas troublée en Allemagne, et elle ne conserve aucun espoir raisonnable de succès définitifs, en fomentant des troubles et des désordres en Espagne; elle sait que c'est du sang et des victimes inutiles; mais cet encens lui est agréable; les déchiremens du continent sont ses délices; elle sait bien aussi qu'avant que l'année soit révolue, il n'y aura pas un seul village d'Espagne insurgé, pas un Anglais sur cette terre: mais qu'importe à l'Angleterre? elle ne connaît ni honte ni remords; ses armées se rembarqueront et abandonneront ses dupes; elle traitera les insurgés d'Espagne comme elle a traité le roi de Suède. Elle a mis les armes à la main à ce souverain, l'a flatté d'un secours puissant: vingt ou trente mille hommes devaient le secourir contre le Danemarck et contre la Russie; mais les promesses sont faciles. Le général Moore et cinq mille hommes sont arrivés et sont restés deux mois mouillés sur la côte de Suède, pendant que la Finlande était conquise, et que les Suédois étaient chassés de la Norwège. Il y a peu de semaines, nous cherchions comment l'Angleterre pourrait se tirer avec honneur de cette lutte folle du Nord; si elle débarque une armée, disions-nous, cette armée sera prise pendant l'hiver; nous ne pouvions nous attendre, quelque mauvaise opinion que nous eussions de la bonne foi britannique, que cette perfide puissance abandonnerait la Suède à son malheureux sort, et sortirait de là en donnant de nouvelles preuves de ce que les alliés de l'Angleterre ont à attendre d'elle; trahison et abandon. Les insurgés espagnols seront trahis et abandonnés de même lorsque l'aigle française couvrira de ses ailes toutes les Espagnes.