Note (retour) — DE LORD BYRON. (continued 5)
Paulin Paris translation
Pendant la plus grande partie de l'époque que comprend cette série de lettres, Lord Byron avait continué d'occuper le même appartement, dans une petite rue fort étroite, chez un marchand de toile, à la femme duquel il consacrait une grande partie de ses pensées. Sa conduite prouve évidemment qu'il était alors attaché à cette femme, autant du moins qu'une passion si fugitive peut mériter le nom d'attachement. Le langage de ses lettres démontre suffisamment combien la nouveauté de cette liaison avait séduit son imagination; et les Vénitiens, chez qui de tels arrangemens sont des choses toutes naturelles, s'amusaient beaucoup de l'assiduité avec laquelle il accompagnait sa signora aux théâtres et aux redoutes. Ce fut même avec beaucoup de peine qu'il se décida à se séparer d'elle le tems qu'il lui fallait pour la courte visite qu'il fit à la ville immortelle où il acquit lui-même un de ses plus beaux titres à l'immortalité 93, et, dans l'espace de quelques semaines, ayant puisé plus d'inspirations dans tout ce qu'il voyait qu'il n'eût été susceptible d'en éprouver en d'autres lieux pendant des années entières, il se hâta de revenir sans étendre son voyage jusqu'à Naples, après avoir écrit à la belle Marianna de venir au-devant de lui à quelque distance de Venise.