Note (retour) — DE LORD BYRON. (continued 3)
Paulin Paris translation
»L'état général des mœurs est ici à peu près le même que du tems des doges. Une femme est vertueuse, suivant le code, quand elle se borne à son mari et à un amant; celles qui en ont deux, trois ou plus sont un peu légères; mais il n'y a que celles qui sont déréglées sans distinction, et forment des liaisons basses comme la princesse de Galles avec son courrier (qui, par parenthèse, a été fait chevalier de Malte), qui passent pour franchir les bornes de la réserve imposée par le mariage. Les nobles Vénitiens épousent fréquemment des danseuses et des chanteuses: il est vrai de dire que les femmes de leur classe sont loin d'être belles; mais en général la race des femmes du second ordre, et d'autres inférieures, celles des marchands, des propriétaires, et des gens à la mode, mais sans titre, ont la plupart 55 il bel'sangue, et c'est parmi elles que se forment ordinairement les liaisons amoureuses. Il y a aussi de prodigieux exemples de constance. Je connais une femme de cinquante ans qui, n'ayant jamais eu qu'un amant, qui mourut jeune, devint dévote et renonça à tout, à l'exception de son mari. Elle se glorifie, comme on peut bien le croire, de cette fidélité miraculeuse, et elle en parle quelquefois avec certaines réflexions morales qui sont assez amusantes. Il n'y a pas moyen ici de convaincre une femme qu'elle enfreint le moins du monde les règles de la vertu ou des convenances en ayant un amoroso. Le plus grand mal semble consister à le cacher ou à en avoir plus d'un à la fois, à moins pourtant que cette extension de prérogative ne soit connue et approuvée du premier en titre, etc.