Note (retour) — DE LORD BYRON. (continued 2)
Paulin Paris translation
«Nous sommes partis de Thoun dans une barque qui nous a fait parcourir toute la longueur du lac en trois heures; le lac est petit, mais les bords en sont beaux: les rochers descendent jusqu'au bord de l'eau. Débarqués à Newhause, nous avons traversé Interlachen, et sommes entrés dans une suite de paysages qui sont au-dessus de toute description, et de tout ce que l'imagination aurait pu concevoir d'avance. Nous avons remarqué une inscription sur un rocher;--il s'agit de deux frères dont l'un a assassiné l'autre: c'est précisément le lieu qu'il fallait pour cela. Après une quantité de détours, nous sommes arrivés auprès d'un roc immense: puis nous avons gagné le pied de la Iungfrau (ce mot signifie la jeune fille). Là, des glaciers, des torrens;--un de ceux-ci a une chute visible de neuf cents pieds. Nous avons été logés chez le curé. Nous sommes partis pour voir la vallée, et avons entendu la chute d'une avalanche avec un bruit semblable au tonnerre; puis nous avons vu des glaciers énormes. Un orage est survenu, accompagné de tonnerre, d'éclairs et de grêle, tout cela en perfection et vraiment magnifique. J'étais à cheval: le guide voulait porter ma canne, et j'allais la lui donner, lorsque je me rappelai que c'était une canne à dague; et craignant qu'elle n'attirât sur lui la foudre, je préférai la garder, quoiqu'elle m'embarrassât passablement, étant trop lourde pour me servir de fouet; et le cheval, étant pesant et poltron, s'arrêtait à chaque coup de tonnerre. Je rentrai sans être très-mouillé, ayant un bon manteau. Hobhouse, percé jusqu'aux os, se réfugia dans une chaumière; et lorsque j'arrivai chez le curé, je lui envoyai un domestique avec un parapluie et un manteau. L'habitation d'un curé suisse est vraiment fort belle, et vaut beaucoup mieux que les maisons des ministres anglais: celle où nous avons logé est tout en face du torrent dont j'ai parlé. Le torrent forme une courbure sur le roc, assez semblable à la queue d'un cheval blanc flottante au gré du vent, et telle qu'on pourrait imaginer celle du «pâle cheval» que monte la Mort dans l'Apocalypse 34: ce n'est ni de l'eau ni du brouillard, mais quelque chose entre les deux. Son immense hauteur (de neuf cents pieds, comme je l'ai déjà dit) fait que tantôt il se courbe, tantôt se déploie, et tantôt se condense d'une manière merveilleuse et impossible à décrire. Je crois, à tout prendre, que cette journée a été la plus intéressante de toutes depuis le commencement de notre excursion.»