← Table of contents
Œuvres complètes de lord Byron, Tome 10

Note (retour) — DE LORD BYRON. (continued 3)

Paulin Paris translation

»Or, mon cher Moore, cet effet-là était produit par vos paroles, et certainement non par la beauté de ma voix. Je vous cite cette folle anecdote, pour vous prouver combien je vous suis redevable, même pour l'emploi de mes momens perdus. Un homme peut admirer un jour ceci, un jour cela; mais on ne conserve le souvenir, surtout après un long tems, que de ce qui nous a plu véritablement. Quoique je ne pense pas qu'on vous puisse rien comparer dans la poésie légère ou la satire, et que jamais auteur n'ait été aussi populaire que vous dans ces deux genres, je n'hésite pas cependant à croire que vous n'avez pas fait tout ce dont vous êtes capable, encore qu'un autre pût bien se contenter de ce que vous avez fait. J'attends de vous un ouvrage de plus longue haleine, et le monde l'attend avec moi. Je vois en vous, ce que je n'avais jamais vu dans aucun autre poète, une étrange méfiance de vos forces, que je ne puis m'expliquer et qui doit être inexplicable, puisqu'un cosaque comme moi suffit pour épouvanter un cuirassier comme vous. Votre conte, je ne le connaissais pas, je ne le pouvais pas connaître, je n'avais songé qu'à une péri: je voudrais que vous eussiez eu plus de confiance en moi, non dans mon intérêt, mais dans le vôtre, et pour empêcher que le monde ne perdît un poème bien meilleur que le mien, dont j'espère toujours que ce petit combat de générosité ne le privera pas à jamais 57.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings