Note (retour) — DE LORD BYRON. (continued 2)
Paulin Paris translation
Mais si, dans un commerce plus intime, on perdait beaucoup de l'idée romanesque que l'on s'était faite du caractère personnel du poète, ce désappointement de l'imagination était plus qu'amplement compensé dans le petit cercle qu'il fréquentait habituellement par les qualités franches, sociales et engageantes qu'on lui voyait déployer. Il était encore remarquable pour l'absence de tout pédantisme, de toute prétention d'homme de lettres, et on eût pu lui donner avec justice l'éloge que fait Sprat de Cowley: Peu de gens eussent pu deviner, à l'extrême facilité de son commerce, que c'était un grand poète. Tandis que ses amis intimes, ceux qui étaient parvenus, pour ainsi dire, derrière les coulisses de sa renommée, le voyaient ainsi sous son véritable jour, avec ses faiblesses et son amabilité; les étrangers et ceux qui l'approchaient de moins près restaient sous le charme de son caractère poétique, et plusieurs pensaient que la gravité, l'orgueil, la sauvagerie de quelques-uns de ses personnages étaient les traits distinctifs, non-seulement de son esprit, mais encore de ses manières. Cette idée a été si générale, elle a régné si long-tems que, dans quelques essais sur son caractère, publiés depuis sa mort, et contenant du reste beaucoup d'aperçus frappans de justesse, nous trouvons dans son prétendu portrait des traits tels que ceux-ci: «Lord Byron avait un esprit sérieux, positif, sévère; un caractère satirique, dédaigneux et sombre. Il n'avait pas la plus légère sympathie pour une gaîté insensible; à l'extérieur, on voyait un air chagrin, le mécontentement, le mépris, la misanthropie, et sous cette masse de nuages et de ténèbres, etc., etc. 37»