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Œuvres complètes de lord Byron, Tome 08

Note (retour) — L'ILE,

Paulin Paris translation

20. Une figure humaine s'approche au milieu de l'obscurité de la forêt dont elle vient troubler la solitude. Son aspect a quelque chose de fantastique; on dirait un marin revêtu d'un déguisement de sauvage, et tel qu'il paraît sortant des flots de l'océan lorsque les joyeux vaisseaux traversent la ligne et qu'une foule de matelots, se livrant à ces bruyantes saturnales, se rassemblent sur le tillac dans le char emprunte de Neptune. Le dieu de l'océan sourit de voir son nom revivre encore une fois, ne fût-ce que dans la pantomime grotesque de ses fidèles enfans qui s'abandonnent à la joie au milieu de vents inconnus à ses Cyclades natales. Cependant le vieux Neptune se réjouit de voir reparaître sur l'océan quelques faibles traces de son règne antique. La veste que porte notre marin, quoique presque en lambeaux; sa pipe qu'il ne quitte pas et qui ne cesse jamais de fumer; quelque chose dans son air et dans sa taille qui ressemble à un mât de misaine, et un certain balancement dans sa démarche, semblable à celui de son vaisseau chéri, indiquent assez son premier état: cependant l'espèce de mouchoir dont sa tête est enveloppée avec si peu d'élégance et de soin, et le morceau d'étoffe trop exigu qui remplace un pantalon trop tôt la proie des épines (car les plus belles forêts ont aussi les leurs), et lui tient lieu de ce vêtement pour lequel les Anglais n'ont pas trouvé d'expression 47; ses pieds et sa poitrine nus, et cette figure brûlée par le soleil, pourraient annoncer un sauvage aussi bien qu'un homme de mer. Mais ces armes sont celles de sa profession, et les produits de cette Europe que deux mondes bénissent pour la civilisation qu'ils lui doivent. Son fusil est suspendu derrière ses larges épaules, un peu courbées par le séjour de la mer, mais robustes comme celles du sanglier.

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