Note (retour) — L'ILE,
Paulin Paris translation
17. Neuah et Torquil se levèrent. Les teintes douces et mélancoliques du crépuscule avaient pénétré dans la grotte qui leur servait d'asile, et dont la voûte, tapissée de spar humide de rosée, joignait son faible éclat à celui des étoiles qui se rassemblaient sur le firmament. Le couple heureux, partageant le calme de la nature, prit lentement le chemin de sa cabane élevée au pied d'un palmier, tantôt souriant, tantôt silencieux comme tout ce qui les entourait. Que l'ame est belle dans cet état de sérénité; elle est belle comme l'amour même! Le murmure des flots de l'océan était presque aussi faible que celui du coquillage imitateur de leur bruissement 45, et qui, tel que l'enfant né dans les profondeurs des mers et séparé du sein maternel, crie sans cesse et ne veut pas dormir, faisant entendre sa petite plainte, et se désespérant en vain dans le vaste sein de la vague sa nourrice. Les forêts disparaissaient insensiblement dans l'obscurité, comme pour aller se livrer au repos; l'oiseau du tropique regagnait son nid par le chemin des rochers, et le ciel d'azur qui les entourait semblait un lac paisible où l'ardente piété pouvait étancher sa soif.