← Table of contents
Œuvres complètes de lord Byron, Tome 08

Note (retour) — L'ILE,

Paulin Paris translation

15. C'est là, c'est dans cette grotte du rivage battu par les vagues qu'ils passaient les matinées brûlantes du tropique. Les heures n'existaient pas pour eux:--ils ne calculaient pas le tems. Leurs oreilles n'étaient pas frappées du son lugubre de l'horloge, qui nous distribue la portion journalière de la vie, et avertit l'homme, en s'en moquant, avec un rire d'airain. Que leur importait le passé ou l'avenir? Le présent, comme un tyran, les tenait enchaînés;--leur sablier était le sable du rivage, et la mer voyait s'écouler leurs doux momens ainsi que ses vagues paisibles; leur horloge, c'était le soleil dans son immense horizon. Ils ne comptaient pas, eux pour qui la journée n'était qu'une heure. Le rossignol remplaçait pour eux la cloche du soir, lorsqu'il chantait mélodieusement à la rose les adieux du jour 44. Ils voyaient se coucher leur large soleil, non comme dans le nord, d'une marche lente et graduée, et affaiblissant son éclat à mesure qu'il descend sur l'océan; mais ardent, enflammé, conservant toute sa plénitude, et comme s'il abandonnait pour jamais le monde, et le privait de lumière, plongeant dans les flots son front étincelant, tel qu'un héros, qui se précipite dans la tombe. Alors ils se levaient tous deux, regardaient d'abord le firmament, puis revenaient chercher la lumière dans les yeux l'un de l'autre; et s'étonnant qu'un soleil d'été durât si peu, ils se demandaient si en effet le jour était à sa fin.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings