Note (retour) — À JOHN MURRAY.
Paulin Paris translation
Au fait, M. Bowles semble susceptible au-delà du privilége qu'en ont les auteurs. Dans une larmoyante dédicace à M. Gifford, il le rend responsable de tous les articles de la Quarterly. M. Southey, le plus fort et le plus éloquent des écrivains de cette Revue, approuve il est vrai l'édition de M. Bowles, mais la Revue, ce me semble, n'a fait preuve que d'impartialité, en insérant l'Essai sur Spence, bien qu'il fût écrit dans une opinion contraire à celle de son plus grand écrivain. Une Revue doit-elle être dévouée aux opinions d'un seul homme? La critique n'y doit-elle pas s'y exercer en raison des sujets et des circonstances? J'ai bien peur que les écrivains ne soient tenus de prendre, comme ils se présentent, le miel et l'absinthe des journaux; un homme de l'expérience de M. Bowles devrait avoir l'habitude de ces contrariétés; il peut en être affligé, mais surpris, je ne le conçois pas. J'ai été revisé dans la Quarterly presqu'aussi fréquemment que M. Bowles, j'ai reçu des paroles douces, j'en ai subi d'aussi déplaisantes qu'on puisse l'imaginer. On pose en fait, dans l'examen de la Chute de Jérusalem 17, que j'ai voué mes facultés, etc., à l'appui de ce qu'il y a de plus détestable dans la doctrine du manichéisme, ce qui veut dire clairement que j'adore le diable. Eh bien! je n'ai pas fait de réponse, je n'ai rien écrit à Gifford; seulement, je crois que je vous mandai, dans une lettre particulière, que le critique aurait fort bien pu louer Milman sans se croire obligé de me diffamer. Et, dans le même tems, ou bientôt après (à l'occasion d'une note sur le livre des voyageurs), j'ajoutai que je n'effacerais pas, quand même je le pourrais, une seule ligne de ce qui m'y regarde, dans une Revue quelconque.--Toutefois, je me réserve le droit d'y répondre, quand je le juge nécessaire. Pour M. Bowles, l'article sur Spence semble l'avoir mis dans une position critique. Je ne suis pas, vous le savez, dans votre confidence, ni dans celle du directeur du journal; mais à l'instant même où je vis l'article, je fus moralement sûr qu'à son style j'avais reconnu l'auteur. Vous me dites que je ne le sais pas; c'est fort bien: gardez votre secret; de mon côté, je garderai le mien, bien que personne ne me l'ait recommandé; et, dans tous les cas, ce n'est pas la personne que dénonce M. Bowles.