Note (retour) — DISCOURS
Paulin Paris translation
La pétition que je tiens, dans l'intention de la présenter à la Chambre, doit, si je ne me trompe, obtenir une attention particulière de la part de vos Seigneuries; en effet, quoiqu'elle ne soit signée que par un seul individu, elle contient des faits qui, s'ils ne sont pas contredits, demandent de fort sérieuses investigations. Le grief dont le pétitionnaire se plaint, n'est ni personnel, ni imaginaire. Ce grief ne lui est point particulier; il a été, il est encore ressenti par une foule d'autres personnes. Il n'y a aucun citoyen hors de ces murs, ni même, en vérité, dans cette enceinte, qui ne puisse demain être exposé à la même insulte et aux mêmes obstacles, dans l'accomplissement d'un devoir impérieux pour la restauration de la véritable constitution des trois royaumes, en pétitionnant pour la réforme du parlement 302. Le pétitionnaire, milords, est un homme dont la longue vie a été consacrée à une lutte perpétuelle pour la liberté des citoyens, contre cette influence illégitime qui s'est sans cesse accrue, qui s'accroît encore, et qu'il est nécessaire de diminuer; et, quelque contraires que puissent être plusieurs esprits à ses dogmes politiques, peu de gens mettront en doute la pureté de ses intentions. Maintenant même, accablé d'années, et sujet aux infirmités qui accompagnent son âge, mais sans avoir rien perdu de son talent, ni de son inébranlable énergie,--frangas, non flectes 303,--il a reçu plus d'une blessure en combattant contre la corruption; et le nouvel outrage, la récente insulte dont il se plaint, peut lui laisser une cicatrice de plus, mais non le déshonorer. La pétition est signée par John Cartwright; et c'est pour la cause du peuple et du parlement, dans la légitime poursuite de cette réforme dans la représentation du pays, réforme qui est le meilleur service qui puisse être rendu tant au parlement qu'au peuple, que le major Cartwright a souffert l'indigne outrage qui fait le sujet principal de sa pétition à vos Seigneuries. Sa plainte est écrite dans un langage ferme, mais respectueux;--dans le langage d'un homme qui n'oublie pas sa propre dignité, mais en même tems a, je crois, un sentiment égal de la déférence due à la chambre. Le pétitionnaire avance, entre autres faits d'importance, sinon plus grande, au moins égale, pour tous ceux qui sont Bretons par les sentimens, comme par le sang et par la naissance, que le 21 janvier 1813, à Huddersfield, lui et six autres personnes qui, à la nouvelle de son arrivée, s'étaient rendues auprès de lui, dans l'intention pure et simple de lui donner un témoignage de respect, furent saisies par les autorités civile et militaire, et tenues au secret pendant plusieurs heures, sous le poids d'une grossière et injurieuse prévention insinuée par l'officier commandant, relativement au caractère du pétitionnaire; que lui (le pétitionnaire), il fut enfin conduit devant un magistrat, et ne fut remis en liberté qu'après qu'un examen minutieux de ses papiers eut prouvé qu'il était non-seulement injuste mais matériellement impossible d'articuler contre lui une charge quelconque; et que, malgré la promesse et l'ordre exprès du président du tribunal, la copie du mandat d'arrêt lancé contre le pétitionnaire a été refusée sous divers prétextes, et n'a pu, jusqu'à cette heure, être obtenue. Les noms et la condition des parties intéressées se trouvent dans la pétition. Quant aux autres points dont il est question dans la pétition, je ne m'en occuperai pas maintenant, désireux que je suis de ne pas abuser du tems de la Chambre; mais j'appelle sincèrement l'attention de vos Seigneuries sur ces divers points.--C'est dans la cause du parlement et du peuple que la liberté individuelle de ce vénérable citoyen a été violée; et c'est, dans mon opinion, la plus haute marque de respect qu'il ait pu donner à la Chambre, que de recourir à votre justice, plutôt qu'à un appel à une cour inférieure. Quel que puisse être le sort de sa plainte, c'est pour moi une satisfaction, à la vérité, mêlée de regret en cette circonstance, que d'avoir eu l'occasion de dénoncer publiquement les obstacles auxquels le citoyen est exposé dans la poursuite du devoir le plus légitime et le plus impérieux,--celui d'obtenir, par voie de pétition, la réforme parlementaire. J'ai brièvement exposé le grief dont le pétitionnaire se plaint plus longuement. Vos Seigneuries adopteront, je l'espère, une mesure propre à donner pleine protection, pleine réparation au pétitionnaire, et non pas au pétitionnaire seul, mais au corps entier de la nation, insulté et blessé dans un de ses membres par l'interposition d'une autorité civile abusée et d'une force militaire illégale entre les citoyens et leur droit d'adresser des pétitions à leurs représentans.