Note (retour) — DISCOURS
Paulin Paris translation
Quelle portion de popularité peut-elle être échue en partage à mes nobles amis (si toutefois je ne suis pas indigne de les regarder comme tels); c'est ce que je ne prétends pas déterminer: mais, quant à celle des ministres de Sa Majesté, il serait inutile de la nier. La popularité, c'est un fait sûr, est un peu comme le vent: «On ne sait pas d'où elle vient ni où elle va,» mais ils la sentent, ils en jouissent, ils s'en vantent. En vérité, simples et modestes comme ils le sont, à quelle extrémité du royaume peuvent-ils fuir pour éviter le triomphe qui les poursuit? S'ils s'enfoncent dans les provinces méditerranées, ils y seront accueillis par les ouvriers des manufactures, qui tenant à la main leurs pétitions méprisées, et portant autour du cou la corde récemment votée en leur faveur, appelleront les bénédictions du ciel sur les têtes de ceux qui ont imaginé le moyen si simple, mais si ingénieux, de les délivrer de leurs misères, ici-bas, en les envoyant dans un monde meilleur. S'ils voyagent en Écosse, de Glasgow à Johnny Groat, partout ils recevront de pareilles marques d'approbation. S'ils font une tournée de Portpatrick à Donaghadee, ils rencontreront les embrassemens empressés de quatre millions de catholiques, à qui leur vote d'aujourd'hui les a rendus chers pour jamais. Quand ils reviendront dans la capitale,--ils ne peuvent échapper aux acclamations des bourgeois, et aux applaudissemens plus timides mais non moins sincères des marchands en faillite et des capitalistes en péril de banqueroute. S'ils tournent leurs regards sur l'armée, quelles guirlandes, non de lauriers, mais de morelle 300 ne prépare-t-on pas pour les héros de Walcheren! Il est vrai qu'il est resté peu d'hommes en vie pour certifier leurs mérites en cette occasion: mais un nuage de témoins est venu de cette brave armée qu'ils ont si généreusement et si pieusement mise en campagne pour recruter la noble armée des martyrs.