Note (retour) — DISCOURS
Paulin Paris translation
Pour revenir aux catholiques, supposez que les Irlandais fussent actuellement contens, malgré toutes les incapacités dont la loi les frappe,--supposez-les capables d'une stupidité telle qu'ils ne désirent aucunement être délivrés,--ne devons-nous pas désirer leur délivrance, dans notre propre intérêt? N'avons-nous rien à gagner par leur émancipation? Quelles ressources nous ont été fermées? quels talens ont été perdus à cause de cet égoïste système d'exclusion? Vous connaissez déjà la valeur des secours irlandais: en ce moment, la défense de l'Angleterre est confiée à la milice irlandaise; en ce moment, tandis que le peuple mourant de faim se soulève dans la fureur du désespoir, les Irlandais sont fidèles au devoir confié en leurs mains. Mais tant qu'une égale énergie n'aura pas été communiquée partout, par l'extension de la liberté, vous ne pourrez avoir la pleine et entière jouissance de la force que vous êtes heureux d'interposer entre vous et la destruction. L'Irlande a beaucoup fait, mais fera plus encore. En ce moment, le seul triomphe que nous ayons obtenu durant les longues années d'une guerre continentale, a été remporté par un général irlandais 297. Il est vrai qu'il n'est pas catholique; s'il l'eût été, nous eussions été privés de ses talens. Toutefois, je ne présume pas que personne veuille prétendre que sa religion eût affaibli son génie militaire ou diminué son patriotisme; quoique, dans le cas supposé, il eût été obligé de combattre dans les rangs; car, à coup sûr, il n'eût jamais commandé une armée.