Editorial note — Chant Quatrième.
Paulin Paris translation
Note A: Les réclamations des Florentins ont été vaines jusqu'à ce jour; mais on vient d'élever à Florence, dans l'église de Santa-Croce (Sainte-Croix), un monument à la mémoire de Dante. Il a été exécuté par Etienne Ricci. La cérémonie de l'inauguration a été une fête publique et solennelle. L'urne qui devait renfermer les cendres d'Alighieri est placée sur une large base; les sculptures dont elle est ornée sont du goût le plus simple. Au-dessus d'elle, Dante est assis, tenant ouvert, sur ses genoux, l'ouvrage qui l'éternise. Une de ses mains soutient sa tête; l'autre est étendue sur le manuscrit. À ses pieds est une lyre et une trompette; sur sa tête une couronne de lauriers. Toute sa personne a cette maigreur dont il a lui-même parlé, fruit des veilles et des fatigues que lui coûta son œuvre sacrée; mais toutes ses formes sont encore pleines de majesté et de grandeur. L'artiste a parfaitement réussi à représenter sur ce front sévère et pensif l'expression de cette vaste intelligence, où se concentrent la nature et l'idéal, et cette haute fierté qui ne pardonna jamais une bassesse. À droite du poète, et un peu plus bas que lui, est l'Italie, debout, tenant un sceptre, signe de la souveraineté qu'elle a gardée dans les arts, et portant sur sa tête une étoile, symbole des lumières qu'elle a répandues en Europe; elle contemple son fils avec amour, et montre du doigt cette inscription: Honorez le grand poète. À gauche du Dante est la Poésie, debout comme l'Italie, et le corps penché sur l'urne, qu'elle entoure de ses bras, en signe d'une inconsolable douleur. Sa main droite, qui pend nonchalamment, tient une couronne de lauriers qu'elle semble laisser tomber, désespérant de trouver, après Alighieri, une tête digne de la porter.
(Globe du 10 avril 1830.)