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Œuvres complètes de lord Byron, Tome 01

Note 107 — Chant Troisième.

Paulin Paris translation

Voyez la cinquième journée, nouvelle VIII, du Décaméron. Nastagio degli Onesti, amant de l'une des filles de Paolo Traversaro, avait dépensé toutes ses richesses sans parvenir à se faire aimer. Dans sa douleur il s'éloigna de Ravenne, avec la résolution de se tuer. À trois milles de la ville, il renvoie ses gens, et, tout en rêvant, il entre dans la forêt de pins. Bientôt un grand bruit vient rompre sa rêverie; une belle femme, nue et ensanglantée, est poursuivie par un chevalier noir qui l'atteint, lui arrache le cœur et le donne à dévorer à ses chiens. Nastagio apprend que cette infortunée était, pendant sa vie, une ingrate, et qu'en punition de sa froideur, son ancien amant la poursuit dans ce lieu tous les vendredis. Il s'empresse alors d'inviter à une fête la famille des Traversari pour le vendredi suivant, et tandis qu'ils sont à table sous les pins de la forêt, le bruit de la chasse infernale se fait entendre; le fantôme recommence le même récit, et la tremblante Traversaro, troublée elle-même, s'empresse d'offrir à Nastagio son amour, ses faveurs et sa main. «Cette peur, dit le conteur en terminant, ne fut seulement occasion de ce bien: ains elle fut cause que toutes les femmes de Ravenne en devindrent si paoureuses, qu'elles ont tousjours esté, depuis, plus complaisantes aux voulentés des hommes qu'elles n'avoient esté auparavant.»

(Anc. traduct. de M. Anthoine le Maçon.)

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