Note (retour) — LA BASSE ET LA HAUTE ÉGYPTE. (continued 6)
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Nous partîmes de Kous et vînmes à Kéné, où nous trouvâmes nombre de négociants de toutes les nations. En se mettant en communication avec les gens des contrées les plus étrangères, les points éloignés se rapprochent; en comptant les jours de marche, et quand on voit les moyens de les franchir, les espaces diminuent, ils cessent d'être immenses, ils disparaissent, pour ainsi dire, lorsqu'on s'y trouve engagé; la mer Rouge, Gidda, la Mekke, devenaient des lieux voisins du point que nous habitions; et l'Inde semble leur être, pour ainsi dire, contiguë: de l'autre côté, les Oasis n'étaient plus qu'à trois journées de nous; elles cessaient d'être un pays perdu pour notre imagination; d'Oasis en Oasis, par des marches d'une journée ou de deux au plus, on s'approche de Sennar, qui est une des capitales de la Nubie, qui sépare l'Égypte de l'Abyssinie, ainsi que de Darfour, qui est sur la route, et fait le commerce avec les Tomboutyns, le peuple qui est maintenant l'objet de notre curiosité en Afrique, et dont, il y a peu de mois, l'existence était encore problématique: il est vrai que s'il ne faut que quarante jours pour aller à Darfour, il en faut cent de plus pour arriver à Tombout. Mais enfin voici la route de Darfour, où arrivent les habitants de Tombout; un négociant, que je trouvai à Kéné, et qui avait fait souvent ce voyage, me donna l'itinéraire que je joins ici 7.