Note 213 — IV
Reading edition
Telemann, qui connut à Sorau et à Pleise la musique polonaise, «dans toute sa vraie barbare beauté», ne manque pas, avec sa franchise habituelle, qui le rend sympathique, de proclamer ce qu'il lui doit: «On ne saurait croire quelle fantaisie extraordinaire!... Quelqu'un qui prendrait des notes, pourrait, en huit jours, faire provision d'idées pour sa vie entière. Bref, il y a beaucoup de bon dans cette musique, si on sait s'en servir.... Elle m'a rendu des services plus tard, même en mainte œuvre sérieuse.... J'ai plus tard écrit dans ce style de grands Concerts et des Trios, que j'ai habillés ensuite d'un habit italien....»
M. Max Schneider a relevé des traces de cette musique polonaise dans les Sonates méthodiques et la Kleine Kammermusic de Telemann.—Ce fut surtout par l'intermédiaire de la Saxe, dont l'électeur était roi de Pologne, que cette musique se répandit en Allemagne. Même un italianisant comme Hasse en fut touché; il parle, dans une conversation avec Burney, de «cette musique polonaise, vraiment naturelle, et souvent très tendre et délicate».