Note 81 — VOYAGE (continued 4)
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Malheureusement ce bon curé a prophétisé. Un grand d’Espagne, en qualité d’alguasil mayor de l’inquisition, arrêta M. Olavide, et le traduisit dans les prisons du saint-office. Ses papiers, ses livres, furent saisis. Son procès fut instruit pendant deux ans, dans le plus grand silence. On le fit comparaître, vêtu de jaune, un cierge vert à la main, devant une assemblée composée de quarante personnes, parmi lesquelles se trouvaient des grands d’Espagne, des officiers généraux, des moines, des ecclésiastiques: on lui lut sa procédure, dans laquelle on l’accusait d’avoir fréquenté Voltaire et Rousseau, d’avoir parlé le langage des esprits-forts, et jeté du ridicule sur les pères de l’église. D’après ces accusations on prononça la sentence qui le déclarait hérétique, et portait la confiscation de ses biens, le condamnait à une prison de huit ans dans un monastère, à lire des livres de piété, à faire pénitence et à se confesser une fois par mois. Après la lecture de la sentence, et d’une abjuration solennelle qu’il fit, il fut absous avec tout l’appareil d’usage, de la censure qui le frappait. On assure qu’il y eut des juges qui opinèrent à la mort. Mais le monarque et le grand-inquisiteur même, avaient modifié cette sentence. Depuis, M. Olavide ayant obtenu la permission d’aller prendre les eaux minérales en Catalogne, s’échappa et vint en France chercher la sécurité et le repos.