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Voyage dans le Soudan occidental (Sénégambie-Niger)

Note 102 — CHAPITRE XV.

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On raconte à ce sujet un fait qui est en contradiction avec le caractère que Raffenel prête aux griots, dont il veut faire de nouveaux Blondel. Lorsqu’Abdoul quitta Ségou, le griot du roi le chargea de dire à El Hadj qu’il savait bien qu’avant peu il serait le vrai maître du pays, et que le jour où cela arriverait, il se souvînt du griot qui lui était tout dévoué.

Quand El Hadj, plus tard, se fut emparé de Ségou, ce griot s’enfuit d’abord chez le roi du Macina, Ahmadi-Ahmadou ; mais sa femme tomba aux mains d’El Hadj. Elle se réclama de Tierno-Abdoul, et elle fut très-bien traitée. Un peu plus tard, ce griot voyant El Hadj se soutenir malgré les attaques du Macina, vint le trouver ; il fut très-bien reçu, et, quand il eut chanté son nouveau maître, on lui donna une maison, des chevaux, des esclaves, et il fut installé dans l’intérieur même de Ségou-Sikoro. Quand, plus tard, El Hadj partit pour le Macina, le même griot, au lieu de le suivre, demanda à rester avec Ahmadou à Ségou, et tant que le pays fut tranquille, il ne bougea pas ; mais aux premiers symptômes de révolte, il servit d’espion aux Bambaras. Chaque jour, il tenait les chefs révoltés au courant de ce qu’on préparait à Ségou. Quand Sansandig fut révolté, il y envoyait des courriers, mais il en fit tant qu’il fut surpris ; on le surveilla ; il s’en aperçut et prit la fuite vers Bamakou ; mais Ahmadou, informé à temps, le fit poursuivre, et cette histoire finit comme toutes les autres, on lui coupa le cou.

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