Note 99 — CHAPITRE XIV.
Reading edition
Peu après ce pillage, El Hadj envoyait, dit l’Annuaire du Sénégal, à Saint-Louis une lettre adressée aux habitants musulmans pour chercher à les séparer de nous. Et, de fait, il avait de chauds partisans dans Saint-Louis même. Il terminait ainsi cette épître adroite et perfide : « Maintenant, je me sers de la force et je ne cesserai que quand la paix me sera demandée par votre tyran (le gouverneur), qui devra se soumettre à moi, selon les paroles de notre maître : Fais la guerre aux gens qui ne croient ni en Dieu, ni au jugement dernier, ou qui ne se conforment pas aux ordres de Dieu et de son prophète au sujet des choses défendues, ou qui, ayant reçu une révélation (les juifs et les chrétiens), ne suivent pas la vraie religion, jusqu’à ce qu’ils payent la Djezia (tribut religieux) par force et qu’ils soient humiliés.
« Quant à vous, enfants de N’dar (Saint-Louis), Dieu vous défend de vous réunir à eux ; il vous a déclaré que celui qui se réunira à eux est un infidèle comme eux en disant : Vous ne vivrez pas pêle-mêle avec les juifs et les chrétiens ; celui qui le fera est un juif ou un chrétien comme eux. Salut. »
Il envoyait en même temps, ajoute l’Annuaire, l’ordre au Guoy, au Bondou et au Fouta de nous bloquer dans Bakel et Podor.
J’ai cette note en regard du récit fait à Ségou, pour bien faire apprécier le caractère politique d’El Hadj, disant à ses fidèles qu’il ne veut pas la guerre avec les blancs, afin de pouvoir en rejeter les conséquences en cas de défaite, ce qu’il a fait.