← Table of contents
Voyage à Montbard

Note E — VOYAGE A MONTBARD

Reading edition

25, 9. L’âge alors avoit fait perdre à M. de Buffon une partie des agrémens de la jeunesse ; mais il lui restoit une taille avantageuse, un air noble, une figure imposante, une physionomie à la fois douce et majestueuse. L’enthousiasme pour le talent fit disparaître aux yeux de Mme de Buffon l’inégalité d’âge : et, à cette époque de la vie où la félicité semble se borner à remplacer par l’amitié et des souvenirs mêlés de regrets, un bonheur plus doux qui nous échappe, il eut celui d’inspirer une passion tendre et constante. Jamais une admiration plus profonde ne s’unit à une tendresse plus vraie. Ces sentimens se montroient dans les regards, dans les manières, dans les discours de Mme de Buffon, et remplissoient son cœur et sa vie. Chaque nouvel ouvrage de son mari, chaque nouvelle palme ajoutée à sa gloire étoit pour elle une source de jouissances d’autant plus douces qu’elles étoient sans retour sur elle-même, sans aucun mélange de l’orgueil que pouvoit lui inspirer l’honneur de partager la considération et le nom de M. de Buffon. Il n’a conservé d’elle qu’un fils (celui dont il est question dans cet ouvrage). Condorcet, Éloge de Buffon. (Note de l’édition de l’an IX.)

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings