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Voyage à Cayenne, dans les deux Amériques et chez les anthropophages (Vol. 2 de 2)

Note 3 — Suite de la troisième partie.

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Malgré ces prérogatives ils ont toujours été exécrés des blancs et des noirs, qui ont constamment refusé tout ce qu'ils leur offroient. Ils écrivoient souvent, ils savoient toutes les nouvelles malgré la surveillance de Jeannet. Collot[3] avoit commencé l'histoire de la révolution; il la suspendoit souvent pour envisager son sort....—Je suis puni, s'écrioit-il, cet abandon est un enfer. Il attendoit son épouse ou son retour, son impatience lui occasionna une fièvre inflammatoire. M. Gauron, chirurgien du poste de Kourou, fut mandé; il ordonna des calmans et d'heure en heure, une potion de vin mouillé de trois quarts d'eau; le nègre qui le gardoit pendant la nuit, s'éloigna ou s'endormit. Collot dans le délire, dévoré de soif et de mal se leva brusquement et but d'un seul trait une bouteille de vin liqueureux, son corps devint un brasier, le chirurgien donna ordre de le porter à Cayenne, qui est éloigné de six lieues. Les nègres chargés de cette commission, le jettèrent au milieu de la route, la face tournée sur un soleil brûlant. Le poste qui étoit sur l'habitation, fut obligé d'y mettre ordre; les nègres disoient:—Yé pas vlé poté monde-là qui tué bon Dieu que hom. (Nous ne voulons pas porter ce bourreau de la religion et des hommes).—Qu'avez-vous? lui dit en arrivant le chirurgien Guisouf.—J'ai la fièvre et une sueur brûlante.—Je le crois bien, vous suez le crime. Collot se retourna et fondit en larmes; il appeloit Dieu et la Vierge à son secours. Un soldat à qui il avoit prêché en arrivant le système des athées, s'approche et lui demande pourquoi il invoque ce Dieu et cette Vierge dont il se moquoit quelques mois auparavant?

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