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Voyage à Cayenne, dans les deux Amériques et chez les anthropophages (Vol. 1 de 2)

Note 7 — SECONDE PARTIE.

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Voici le tableau de notre local et de notre existence: La salle a 42 pieds de long et 60 de large pour 80 personnes, qui n'en sortent que deux heures par jour, comme vous l'avez vu: elle est entourée d'un marais pestilentiel. Dans l'intérieur, ne se trouvent point de lieux d'aisance; on est forcé d'y vaquer à ses besoins: jour et nuit, un nuage rougeâtre s'élève des sentines; il gêne la respiration, nous occasionne des lassitudes et des sueurs; il rend le sommeil accablant et nuisible. Nous sommes ensevelis à demi-vivans dans l'ombre de la mort. Notre salle, le soir, ressemble à un champ de bataille jonché de morts, et pourtant nous chantons[7] encore au milieu des tourmens. Les sœurs de l'hospice font faire notre cuisine et blanchir notre linge. Tous les cœurs sensibles compatissent à nos maux, et les victimes de la révocation de l'édit de Nantes, très-nombreuses dans ce département, ne sont pas les dernières à secourir les apôtres de Rome. Notre dîner arrive à midi; la moitié mange tour-à-tour sur ses genoux et sur de longues tables; le repas est très-frugal et très-prompt; la digestion ne nous empêche pas d'exécuter l'ordre du docteur Viv..., qui nous visite lestement: il paroît à Saint-Maurice tous les jours, et ne se montre dans notre prison que deux fois par décade. Aujourd'hui, par extraordinaire, il vient à deux heures après-midi, fait un tour dans la salle sans saluer personne; et se souvenant tout-à-coup de sa mission, se frotte les mains et dit: «Il n'y a point de malades.... Adieu.—Fixez-nous, lui répond Soursac qui étoit sur son passage.—Qu'avez-vous? Vous ne guérirez que dans les pays chauds.—À un autre.—Votre imagination travaille trop; ce ne sera rien que cela ... À la diète ...—Mais, citoyen, j'ai la fièvre depuis cinq jours.—Contes que tout cela; adieu....»

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