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Voyage à Cayenne, dans les deux Amériques et chez les anthropophages (Vol. 1 de 2)

Note 1 — MA VIE ET LES CAUSES DE MON EXIL.

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Le soir, j'osai voir un ami, qui me gronda de ma pusillanimité, et le lendemain mon ami fut placé par le comte d'Angevilliers, et moi chez M. Dup... et au journal Historique et Politique. Oh! que j'y passai un temps heureux! mais il fut bien court. La révolution devint terrible. On retrouvera cette lacune dans le cours de l'ouvrage. Cette année est une des plus remarquables de ma vie. (Voyez page 155.) En 1794, après le 9 thermidor, je fis imprimer le Tableau de Paris en Vaudevilles. J'avois tout perdu; je résolus de chanter moi-même[1]. «Le chant réjouit l'âme, me dis-je; le fripier se pare de l'adresse du tailleur; le comédien joue le seigneur, et emprunte le génie du poète: pourquoi rougirois-je plus de vendre mes chansons qu'un libraire un volume qu'il n'a pas fait? Cette propriété est le fruit de mon éducation. Mais si l'ouvrage ne vaut rien? je ne vendrai pas chat en poche.—Mais les convenances, les préjugés même ne s'opposent-ils pas à cette résolution sage en elle-même, qui contraste pourtant avec l'opinion qu'on doit avoir de toi?—le premier devoir est rempli, lorsque je gagne ma vie à la sueur de mon front. Je ne vis pas avec deux onces de pain.» (Nous étions au mois de mai 1795; j'étois rédacteur de la séance aux Annales patriotiques et littéraires; l'agiotage du papier faisoit monter mon traitement à un sou par jour.)

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