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Vieilles Histoires du Pays Breton

Note 14 — II AUX VEILLÉES DE NOËL

Reading edition

Emile Souvestre, dans les Souvenirs d'un Bas-Breton (2e série), trace de Boishardy le portrait suivant:

«Les royalistes (des Côtes-du-Nord) avaient pour chef un des hommes les plus actifs et les plus entreprenants qu'ait jamais produits aucune guerre civile. Ce chef était un gentilhomme obscur nommé Boishardy, qui avait vécu jusqu'alors uniquement occupé de chasser le loup et de courtiser les jeunes fermières. Les paysans, qui le craignaient à cause de sa force et de son audace, l'aimaient pour sa franchise familière, sa gaîté et ses élans d'une brusque bonté. Il ne s'était jamais donné la peine d'être meilleur ni plus mauvais que le hasard. C'était un de ces hommes d'instinct, destinés à devenir populaires, parce qu'ils ont le bonheur d'avoir, à côté de chaque vertu, un défaut qui la rend visible aux yeux grossiers de la foule. Capables de mauvaises actions quand la passion les pousse, mais non d'une méchanceté, parce que la méchanceté suppose la corruption et le parti-pris; natures cahoteuses qui plaisent, comme les paysages accidentés et les arbres rugueux, par le seul charme de la vie et de la variété.»

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