← Table of contents
Vie de Tolstoï

Note 196 — PRÉFACE (continued 2)

Reading edition

«Le Roi Lear est un drame très mauvais, très négligemment fait, qui ne peut inspirer que du dégoût et de l'ennui.»—Othello, pour lequel Tolstoï montre quelque sympathie, sans doute parce que l'œuvre s'accordait avec ses pensées d'alors sur le mariage et sur la jalousie, «tout en étant le moins mauvais drame de Shakespeare, n'est qu'un tissu de paroles emphatiques». Le personnage d'Hamlet n'a aucun caractère; «c'est un phonographe de l'auteur, qui répète toutes ses idées, à la file». Pour la Tempête, Cymbeline, Troïlus, etc., Tolstoï ne les mentionne qu'à cause de leur «ineptie». Le seul personnage de Shakespeare qu'il trouve naturel est celui de Falstaff, «précisément parce qu'ici la langue de Shakespeare, pleine de froides plaisanteries et de calembours ineptes, s'accorde avec le caractère faux, vaniteux et débauché de cet ivrogne répugnant».

Tolstoï n'avait pas toujours pensé ainsi. Il avait plaisir à lire Shakespeare, entre 1860 et 1870, surtout à l'époque où il avait l'idée d'écrire un drame historique sur Pierre I. Dans ses notes de 1869, on voit même qu'il prenait Hamlet pour modèle et pour guide. Après avoir mentionné ses travaux achevés, Guerre et Paix, qu'il rapprochait de l'idéal homérique, Tolstoï ajoute:

«Hamlet et mes futurs travaux: poésie du romancier dans la peinture des caractères.»

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings