Note (retour) — BENJAMIN FRANKLIN.
Jean-Henri Castéra translation
Ils me déplaisoient l'un et l'autre. Mais je consentis à y adhérer, si Keimer vouloit s'abstenir de manger d'aucune espèce d'animal.—«Je crains, dit-il, que ma constitution ne puisse pas y résister».—Je l'assurai qu'au contraire, il s'en trouveroit beaucoup mieux. Il étoit naturellement gourmand, et je voulois m'amuser à l'affamer. Il se décida à faire l'essai de ce régime, pourvu que je voulusse m'y astreindre avec lui; et, en effet, nous l'observâmes pendant trois mois. Une femme du voisinage préparoit nos alimens et nous les apportoit. Je lui donnai une liste de quarante plats, dans la composition desquels il n'entroit ni viande ni poisson. Cette fantaisie me devenoit d'autant plus agréable, qu'elle étoit à fort bon compte; car notre nourriture ne nous coûtoit pas à chacun, plus de dix-huit pences18 par semaine.