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Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome 1

Note (retour) — BENJAMIN FRANKLIN. (continued 2)

Jean-Henri Castéra translation

Je ne buvois que de l'eau. Les autres ouvriers, au nombre d'environ cinquante, étoient grands buveurs de bière. Je portois souvent, en montant et en descendant les escaliers, une grande forme de caractères dans chaque main, tandis que les autres avoient besoin des deux mains pour porter une seule forme. Aussi étoient-ils étonnés de voir, et par cet exemple et par beaucoup d'autres, que l'Américain aquatique, comme ils m'appeloient, étoit plus fort que ceux qui buvoient du porter21. Le garçon du marchand de bière avoit assez d'occupation toute la journée à servir cette seule maison. Mon camarade de presse buvoit tous les matins, avant le déjeûner, une pinte de bière, une pinte en déjeûnant avec du pain et du fromage, une entre le déjeûner et le dîner, une à dîner, une vers les six heures du soir, et encore une lorsqu'il avoit fini son ouvrage. Cette habitude me sembloit très-mauvaise: mais mon camarade disoit que sans cette quantité de bière, il n'auroit pas assez de force pour travailler.

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