Note 46 — III
Reading edition
Né en 1798, «Gaspard de Pons était venu, en 1819, d'Avallon, sa ville natale, à Paris, pour y entrer dans la garde. Il se lia, par son camarade Alfred de Vigny, avec M. Victor Hugo, dont il était l'aîné de deux ans, et dont il devint le collaborateur au Conservateur littéraire, puis à la Muse française». (Edmond Biré: Victor Hugo avant 1830, p. 343).
On lui doit: Constant et Discrète, poème en quatre chants, suivi de Poésies diverses (1819), Amour, A Elle (1824), Inspirations poétiques (1825).
Il figurait, au dire de Jay, (Conversion d'un Romantique, 1830), au nombre des «étoiles de la Pléiade romantique».
Cf. Ch.-M. Des Granges: La Presse littéraire sous la Restauration.
Tous n'ont pas imité la discrétion de Gaspard de Pons. Évariste Boulay-Paty, dans son curieux Journal, publié en 1901, par les soins du Dr Dominique Caillé, dans les Annales de la Société académique de Nantes, écrivait, à la date du 14 mai 1830:
«Je m'en suis revenu avec Soulié, qui est venu passer une heure chez moi. Il m'a dit que Eugène Hugo avait tellement aimé Mme Victor Hugo que, deux ou trois jours après le mariage de son frère, il était devenu fou. C'était un jeune homme qui annonçait le plus beau talent. Fou par sève de chasteté! ô Charenton!»
Le Dr Patrigeon ne se montre guère moins affirmatif et commet, sur ce point, une erreur de date que corrigent le mariage et la correspondance de Victor:
«Cependant, un événement douloureux et imprévu avait mis, vers la fin de 1821, le général Hugo en présence de ses fils, Eugène, qui, dit-on, aimait éperdument Adèle Foucher, était devenu subitement fou, le jour du mariage de son frère. Le général dut venir à Paris, où la maladie d'Eugène le retint quelque temps.» (Le père de Victor Hugo, p. 15.)
Le Matin n'est pas seul à tout dire.