Note 39 — PRÉFACE.
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Lysidor, voicy le printemps Qui remet sa gaye verdure; Mais les bons veneurs en ce temps Ont une bien maigre adventure. La saison ne rit à leurs cœurs; Envain s'y romproient-ils la teste, La senteur de l'herbe et des fleurs Prive leurs chiens d'aller en queste. Ils ont beau sonner de leurs cors, Et brosser dans les forets vertes; Ils ont beau picquer dans les forts, Leurs meutes n'y vont qu'à leurs pertes. Ny leurs forhus, ny leurs relais, Ny leurs routes, ny leurs brisées Ne servent qu'à rendre à leurs frais Toutes leurs peines abusées. Mais si vous aymez à chasser, Vous plaisant à la venerie; Si vous aymez à relancer, Que ferez-vous donc, je vous prie? Tandis, si vous le desirez, Estant chasseur comme vous estes, Doucement vous esquiperez Vostre chasse pour les fillettes. Bien garny de tout ce qu'il faut, Et les voyant de bonnes prises, Sans les aller courre en deffaut, Les belles vous seront acquises. Tantôt la blonde vous suivrez, Remarquant son erre et sa voye; Ore à la brune vous irez, Mariant la peine à la joye. Ore un tetin dont l'Orient Ne sera que lys et qu'ivoire, Un teint de rose, un œil friand, Vous induiront à la victoire. Ores vous prendrez les devants, Maintenant vous ferez l'enceinte: Les veneurs expers et sçavans Usent d'une pareille feinte. Maintenant vous plierez le trait Du limier avec retenuë, Ou l'alongerez, comme on fait A l'heure que la beste est veuë. C'est le moyen de r'habiller Les désordres que l'on peut faire: Lysidor, il y faut veiller, Et regarder à son affaire. On eslogne souventes fois La venaison que l'on pourchasse, N'usant des statuts et des loix Qui sont de l'amoureuse chasse. Or les plaines et les forests De ce quartier, sans raillerie, Assez, de loin comme de près, Nourrissent telle venerie. Chassez donc et soir et matin, Car telle chasse le merite; Et, pour un si digne butin, La gloire n'en sera petite. Revoir, rencontrer, retourner, Demesler, cognoistre le change, Lancer, r'embucher[39], ramener, Vous donneront heur et louange. Quand vous aurez fait tout cela, Cherchant le frais de la serée Comme gens qui font le holà, Vous sonnerez pour la curée. Lors (s'il me doit estre permis De vous le dire sans feintise), Vous obligerez vos amis De quelque chose de la prise, Afin qu'ils soient mieux restaurez Des biens qui viennent de la chasse, Qu'ils n'ont esté remunerez De ceux des muses du Parnasse.