Note 232 — PRÉFACE. (continued 3)
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Une autre de sur le pont Nostre-Dame: Je suis bien miserable, car la première année que je fus à Paris je me laissay abattre par un garçon de taverne sur belle promesse. Luy ayant receu son congé, je ne l'ay pas veu depuis; mais j'atrapay finement un des garçons de nos voisins, qui a eu l'enfant, et moy quarante escus, et depuis j'en ay eu un autre, que je n'ay pas faict à si bon marché, car, un venerable savetier me faisant l'amour, il a esté le P A P A; toutefois je suis assez bien pourveüe. Je prie Dieu, mes sœurs, de vous faire bien valoir, et de faire vos affaires finement, car voicy le temps qui calamite, et qui faict bon avoir quelque chose, car les filles ne sont plus recherchées pour leurs beautez; si elles n'ont des pistolles, il faut qu'elles soient long-temps à marier[232]. Sur ces antretiens dix heures sonnèrent. Il fallut que chacune courust vitement à la Halle, et de là apprester à disner. Dame Lubine, grandement satisfaite d'une si très auguste compagnie, commence à pleurer de joye d'avoir de si bonnes apprentisses, et bien dressées à faire dancer l'ance du panier, car la plus moindre estoit capable de devenir maistresse.