Note 172 — PRÉFACE. (continued 2)
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Quand elles furent toutes arrivées dans la foire Saint-Germain, ce fut un desordre et une confusion epouvantable: chacun vouloit avoir le premier rang; et comme l'ordre et les dignitez n'avoient pas encore esté decidées, n'ayant jamais esté mises sur le tapis, ils se seroient tous egorgés les uns les autres, et les Pistolets, qui faisoient desjà feu, et qui sçavoient un peu mieux la guerre, alloient faire main basse, si le generalissime Luxe, accompagné de sa suite, ne fût venu mettre l'ordre parmi ces trouppes de nouvelles impressions, qui s'imaginoient que pour estre braves il ne falloit que faire du bruit, et jurer deux ou trois morguiennes pour estre aussi bons soldats que les Allemands. Aussitost qu'ils furent arrivez, ils firent tracer deux lignes pour mettre l'armée en bataille, comme ils avoient desjà projetté. On distribua des quartiers à chaque trouppe, et on chercha le poste le plus avantageux et le moins apparent que l'on pût pour l'artillerie, qui estoit composée de trois cens paires de canons à passemens, tous chargés de quartiers de rondache et de chaisnettes de rubans figurés, ce qui devoit faire un fracas effroyable et emporter les regimens tout entiers. Deux cens Cravates volontaires tenoient la campagne et ne cherchoient partout qu'à faire le coup de pistolet. Ensuite on donna l'aile droite à commander au colonel Raguse, composée de six escadrons, chacun de cent cinquante ballots de Dentelles d'Angleterre, Dentelle façon d'Angleterre, et de Moresse[172]. L'aisle gauche estoit composée d'autant d'escadrons de neiges[173], de Rubans figurés et d'Agremens, et tous estoient commandés par le capitaine Orgoglio.