Note 165 — PRÉFACE. (continued 2)
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C'est aujourd'huy, noble assistance, Qu'il faut abandonner la France, Et nous en aller bien et beaux, Pour n'estre pas mis en lambeaux. Ne croyez pas que je me rie; Il faut revoir nostre patrie, A mon gré fort pauvre ragoust, Pour estre le baille-luy-goust D'un mary de qui l'œil sevère Redoute toujours l'adultère, Ou nous serons mis en prison Dans quelque maudite maison. Et toi, pauvre Poinct de Venise, Tu dois craindre pour ta franchise, Et que t'en retournant sur mer, Par un malheur bien plus amer, Un corsaire, ou bien pis encore, Ne te traitte de Turc à More; Que peut-estre dans le serrail, Où le jour par un soupirail Vient le long d'une sarbatane, Tu ne serve à quelque sultane, Qui peut-estre, pour ton malheur, Sera femme du Grand-Seigneur. Encor si ce coup de tonnerre Nous fût venu durant la guerre[165], Peut-estre, ma foy, qu'en ce cas Je ne m'en tourmenterois pas: En retournant dans ma patrie, J'eusse fait quelque menterie, J'eusse dit quelque fausseté, Que c'eust esté la pauvreté Et le manquement de finance Où chacun avoit veu la France Qui m'eut fait revoir mon pays; Et du Danube au Tanaïs, On auroit cru, par ma sortie, Que j'eusse quitté la partie, Au lieu que l'on voit clairement Que nous sortons honteusement. Encor pour vous, Poinct de Raguse, Vous qui n'estes pas une buse, Il est bon, crainte d'attentat, D'en vouloir purger un estat. Les gens aussy fins que vous estes Ne sont bons que, comme vous faites, Pour ruiner tous les estats; Mais pour nous autres Poincts, hélas! Et vous, Aurillac ou Venise, Si nous plions nostre valise, Et si l'on nous presse si fort, C'est, je vous jure, bien à tort.