Note 199 — XIII
Reading edition
L’écho espagnol retentit, faiblement, dans une revue d’intellectuels temporairement disparue, après avoir été rudement persécutée par le gouvernement espagnol. Au nº 157 d’España, 1918, p. 12, M. Díez-Canedo affirme que le «principal mérite de Blasco Ibáñez est d’avoir écrit de près et d’avoir suivi dès l’origine, avec un fervent esprit d’amour pour la justice, le développement de la lutte actuelle, ce qui lui a permis de toucher, dans son livre, l’aspect qui affecte le plus l’Espagne». Cette douloureuse réalité, M. Díez-Canedo a eu le courage de l’évoquer. «La voix du romancier s’élève avec toute la solennité de l’heure et prononce les paroles qui vont au cœur de tous. Ces paroles, elles sortent aussi du cœur de beaucoup. Mais les recueillir et leur conférer l’expression définitive, c’était là mission propre à l’auteur. Blasco Ibáñez leur a donné une vibration adéquate et tel est le suprême mérite de son œuvre, qui gardera, entre toutes celles qu’il a écrites, cette vertu souveraine: d’avoir associé, aux jours les plus douloureux, à l’universelle clameur le cri de l’Espagne blessée...»