Note 11 — XV Quelques détails.
Reading edition
Notre ouvrage était sous presse, lorsque nous avons eu la douleur d’apprendre la mort du R. P. dom Marie. Voici les quelques renseignements que nous avons pu recueillir sur la vie de ce saint religieux :
« Le R, P. dom Marie, connu dans le siècle sous le nom de Bertrand Daverat, naquit le 8 septembre 1807, à Camarde, dans le département des Landes. Dès les premières années de son enfance, il donna des marques très-sensibles de vocation à l’état ecclésiastique. Après avoir terminé ses études de latinité, sous la surveillance du respectable M. Castagnon, curé de Vicq, dans le diocèse d’Aire, il entra an grand séminaire de Dax, pour y suivre les cours de philosophie et de théologie. Promu à la prêtrise le 5 juin 1830, et après deux années de vicariat dans la paroisse de Hagetmau, il fut successivement nommé curé de Biscarosse, de Saint-Vincent de Tyrosse et de Saint-Pandelon, où il montra le plus grand zèle pour le salut des âmes, jusqu’à ce que, de vives douleurs le fatigant et le rendant incapable de remplir les devoirs de son état, il demanda à se retirer du saint ministère et à se fixer dans le couvent de Notre-Dame de Buglose. Là, employé comme confesseur des religieuses qui y sont établies, il édifia tout le monde par la régularité de sa vie et par sa haute piété. Quelques années après, il conçut l’idée d’embrasser l’état religieux, et arriva le 27 juillet 1858, au monastère de Sainte-Marie du Désert, où il est mort.
» Le R. P. Marie fut admis à la profession le 15 août 1859, et lorsque le monastère de Sainte-Marie du Désert fut érigé en abbaye, les vertus du nouveau profès le désignèrent à tous les suffrages. Il fut élu pour gouverner cette communauté, déjà nombreuse, le 19 février 1861, installé le 11 avril, et béni dans l’église de Lévignac, le dimanche 26 mai, par Mgr l’archevêque de Toulouse.
» Une humilité profonde formait le caractère principal de la piété de ce religieux. Un témoin de sa promotion à la dignité abbatiale nous écrit : « Lorsqu’il s’entend proclamer supérieur du monastère, il se précipite, il se roule aux pieds du président, le supplie, avec larmes et des cris déchirants, de le dispenser d’accepter une charge dont il se croit indigne et incapable. Ses instances durent longtemps, et le président se croit obligé d’user d’autorité et de vaincre sa résistance en lui commandant au nom de la sainte obéissance. »
» Plusieurs fois il offrit sa démission avec instance ; mais il ne put la faire accepter qu’un mois avant sa mort.
» C’est le dimanche 2 juin 1867 qu’il a rendu son âme à Dieu. Il n’a pas eu la consolation de voir achever la belle église dont il a jeté les fondements, et qui, pour être dans un style simple et sévère, et déjà construite avec toute l’économie commandée par la faiblesse des ressources, n’en sera pas moins la plus remarquable du canton, lorsque les bienfaiteurs auront aidé à la terminer. »