Note (retour) — GEORGE SAND ET A. DE MUSSET
Reading edition
L'inimitié de Planche pour Musset devait s'accroître avec la renommée du poète. Il jugea ses livres selon la bienveillance qu'on peut penser. L'amitié de George Sand pour ce nouveau venu de la gloire porta le dernier coup à son âme jalouse. Un refroidissement entre elle et Planche est sensible dès le milieu de juillet 1833. L'exécution du pauvre Diogène, que Paul de Musset nous a contée, avait immédiatement précédé l'installation du poète au quai Malaquais. Sans se brouiller pour cela avec Planche, George Sand le maintint dans des rapports plus réservés. Il ne devait lire Lélia qu'un mois après Musset, huit jours après l'apparition du volume, ainsi qu'en témoigne l'envoi autographe de l'auteur: «A Gustave Planche, son véritable ami, GEORGE SAND, 15 août 183348.» Mais cette sympathie ne lui suffisait pas. Un dépit violent couvait, dans son âme. Il espéra forcer les sentiments de son amie par une action d'éclat.