Note (retour) — GEORGE SAND ET A. DE MUSSET (continued 2)
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On ne sait presque rien des derniers jours de Musset à Venise. Le 22 mars, George Sand devait partir avec lui,—sa lettre à Alfred Tattet en fait foi;—le 28 il part seul. «Les troisième, quatrième et cinquième chapitres de la Confession d'un enfant du siècle donnent une idée de ce qui a dû se passer durant ces quelques jours, a dit M. Maurice Clouard. Musset, apparemment, crut faire acte de grandeur d'âme et de générosité en partant seul, laissant George Sand, en compagnie de Pagello109.» J'estime, au contraire, que cette dernière semaine fut lamentable pour Musset. La jalousie torturait le malheureux, depuis sa vision de l'hôtel Danieli. Il n'avait pu prendre son parti de l'accord qu'avait ratifié sa faiblesse, autant qu'y avait consenti sa générosité. A en croire George Sand elle aima d'abord Pagello comme un père. A eux deux, ils avaient «adopté» Musset. Et lui-même, l'inconstant poète, aux premiers jours de lassitude de son amour, avant cette maladie où elle le soigna si maternellement, n'avait-il pas engagé Pagello à consoler cette compagne dont il se sentait excédé.... C'est la thèse d'Elle et Lui. Nous savons ce qu'il en faut penser. Mais on dut s'acharner à le persuader, pendant ces dernières semaines, qu'il avait, lui seul, préparé et voulu l'étrange situation où ils se débattaient tous les trois. Son bon sens lui montrait la chimère de cette poursuite du repos hors de la voie commune. Qu'il y eût ou non de sa faute dans la rupture, il aimait maintenant et n'était plus aimé. Un jour vint où, n'y tenant plus, il quitta ces amis qui devenaient amants de façon trop claire et trop prompte pour sa Tranquillité...