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Une grande dame de la cour de Louis XV

Note 30 — III

Reading edition

Les Nouvelles à la main publiées, d’après les manuscrits Anisson Duperron, par M. le vicomte de Grouchy dans le Carnet historique de 1898 (t. II, p. 683) donnent, à la date du 4 février 1764, une anecdote sur les couches de Mᵐᵉ d’Aiguillon, la représentant comme un véritable phénomène: «Elle est très bien de figure, elle a la peau assez blanche; dans sa première grossesse, elle devint, par degrés, noire comme une négresse du Sénégal de la tête aux pieds. Après être accouchée, elle reprit aussi par degrés son teint ordinaire. Elle est grosse pour la deuxième fois et la même révolution se fait chez elle. Elle n’est encore que mulâtresse parce qu’elle n’est pas avancée; dans ses derniers mois, elle sera noire comme du jais. Au reste, l’enfant qu’elle a mis au monde la première fois n’avait aucune teinte de noir; il était comme l’enfant d’un blanc...» Mᵐᵉ d’Aiguillon accoucha, en effet, en 1764, d’un enfant qui vint avant terme. Mais nous n’avons vu nulle part, excepté dans un autre recueil de Nouvelles à la main, que Mᵐᵉ d’Aiguillon ait présenté, pendant ses couches, les variations de couleur dont parle le gazetier. Elle était sujette aux coliques néphrétiques: peut-être eut-elle, comme son mari, des jaunisses. Elle en parle, mais jamais du phénomène physiologique cité par les Nouvelles à la main. D’ailleurs, sa deuxième grossesse datait de 1747 et non de 1764.

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